Génomique : évaluer autrement les reproducteurs

Le séquençage du génome bovin a été réalisé début 2009. Il a mobilisé durant 6 ans plus de 300 scientifiques de 25 pays. On sait maintenant que le génome de la vache est composé d’au moins 22000 gènes. Parallèlement, les dix années de recherches initiées par le groupement d'intérêt scientifique Agenae, avec le cofinancement d’Apis Gène (CNIEL, Interbev, UNCEIA…), ont permis la mise au point d’équations de prédiction de la valeur génétique des animaux. Ces équations ont été établies à partir d'une base de références constituée des génotypages (réalisés avec des puces à ADN qui permettent de typer des animaux pour des dizaines de milliers de marqueurs à la fois) et des index polygéniques des taureaux de services, eux-mêmes calculés à partir des performances de leurs filles. Ainsi, les ECEL ont indirectement contribué à cette recherche fructueuse.

Evaluer le potentiel génétique des mâles et des femelles

En juin 2009, les évaluations génomiques des jeunes taureaux réalisées sous la responsabilité de l’INRA devenaient officielles en France. De la même façon, les évaluations génomiques des femelles des races montbéliarde, normande et prim’holstein sont devenues officielles en juin 2011. Ce nouveau service aide les éleveurs à mieux choisir leurs génisses pour le renouvellement de leur troupeau, à mieux connaître les qualités des animaux et, ainsi, à affiner les accouplements.
La sélection génomique représente une modification radicale de la manière de choisir les reproducteurs. Son appropriation par les éleveurs et leurs conseillers se fera progressivement. Elle sera d'autant plus rapide que des freins importants à son utilisation seront levés (coûts, contraintes de prélèvement…).

Préparer collectivement les évaluations sur de nouveaux caractères

Les possibilités offertes par cette nouvelle technologie sont nombreuses et attractives pour les entreprises françaises qui ont devant elles le choix de chercher à se différencier entre elles ou bien de coopérer pour renforcer leurs atouts par rapport aux concurrents étrangers. Aujourd’hui, la voie est ouverte à l’évaluation de nouveaux caractères, notamment dans le domaine de la composition du lait et de la capacité des animaux à se défendre contre les pathologies d'élevage.

FCEL plaide pour que la collectivité génétique nationale, associant les organisations professionnelles et l’INRA, reste unie pour travailler à la mise au point d’évaluations publiques sur les critères choisis par la profession. Cette union sera le meilleur garant de la qualité des évaluations (base de référence suffisante, savoir faire des équipes nationales de l’INRA et d'ALLICE), de l’objectivité des résultats et du transfert technologique aux autres races que la Holstein, la Montbéliarde et la Normande.

Deux axes essentiels guident l'action de FCEL dans ce domaine: la normalisation de la définition des données et la structuration des bases de données selon le modèle du SNIG (Système national d'Informations Génétiques).